Pourriez-vous nous présenter votre domaine qui se situe au cœur du Piémont ?

Mon père Rino s’est efforcé, depuis les années 60, de produire des vins de grande qualité. Nous cultivons (avec amour !) près de vingt hectares dans les crus de Cottá, Currá, Fausoni, Pajoré et Basarin. Nos vins de Barbaresco sont élégants, évocateurs, subtils et pourtant corsés. Déguster ces crus côte à côte, c’est répondre par un « OUI » retentissant aux sceptiques du terroir qui se demandent si une différence de seulement 200 mètres a vraiment de l’importance !

Certifiés bio, nous adoptons une approche d’intervention minimale : levures indigènes, pas de collage ni de filtration. La vigne est enherbée et fauchée 2 ou 3 fois par an. En automne, le sol des inter-rangs est labouré. Chacun de nos cinq crus Barbaresco est cultivé de la même façon, ce qui permet à chaque cru d’exprimer sa singularité. La fermentation s’effectue en cuves, suivie d’un élevage de 20 à 22 mois en fûts de chêne.

Pouvez-vous aller plus loin dans la description de ces crus, quelles sont les différences entre eux ?

Le « Cottá », qui est toujours le plus fruité des crus, est issu de vignes âgées de 50 ans et se caractérise par des notes de fruits rouges et noirs ainsi que par des nuances raffinées de menthe. Le « Fausoni », issu de vignes âgées de 50 ans, est le plus souple et le plus floral des quatre, avec ses notes caractéristiques de menthe et de réglisse et un cœur ferme d’une acidité vive ; l’élégant « Currá » est un vin ample, concentré et conçu pour le long terme. Le «Pajoré», le plus traditionnel, est issu de la région de Treiso. Il est l’incarnation même d’une élégante austérité, avec un équilibre saisissant et une maturité parfaite.

Le Barbaresco « Riserva » 2016 est un vin qui se démarque de la tradition de nos Riservas précédentes. Celles-ci provenaient en effet d’une sélection de vieilles vignes de Pajorè et Cottà. Or la Riserva 2016 provient uniquement du vignoble de Currà, qui s’est toujours distingué par son terroir très expressif.

Grâce à un travail biologique rigoureux, mené dans les vignobles depuis de nombreuses années, 2016 s’est avéré être un millésime charnière pour notre domaine. C’est à partir de cette date que nous avons pu mettre en avant, de façon décisive et encore plus marquée, chacun de nos Crus et Terroirs.

C’est pourquoi nous avons décidé d’élaborer une Riserva à partir d’une sélection des plus vieilles vignes de Currà, afin d’obtenir une expression fidèle au terroir et de faire ressortir la complexité, l’élégance et la richesse caractéristiques de ce cru.

Il n’a pourtant pas que le Barbaresco chez Sottimano…

C’est vrai ! Il y a le Dolcetto (3,5 hectares) qui donne naissance à la cuvée « Bric del Salto » et le Brachetto (1 hectare) au vin appelé « Maté », sec et tranquille. Ce sont également des merveilles de fruits ! Tout comme le Barbera (3 hectares) baptisé « Pairolero », élevé en fûts de chêne, et le Langhe Nebbiolo, élaboré à partir de raisins du terroir Basarin. Déguster ces vins véritablement singuliers, c’est comprendre pourquoi ils sont de véritables joyaux rares.

On dit qu’il faut attendre avant d’ouvrir une bouteille de Sottimano. Y a-t-il des vins qui se dégustent plus facilement jeunes ?

En général, le Maté et le Dolcetto sont facilement accessibles dans leur jeunesse, même si, pour certains millésimes, il vaut mieux attendre quelques années.

Parmi les Barbaresco, le plus féminin, élégant et soyeux de nos crus est toujours le Basarin. C’est sans doute le premier à s’épanouir dès sa mise en vente.

Cela tient au terroir, composé de calcaire et d’une faible proportion de sable et d’argile, qui met en valeur le caractère minéral, vif et séduisant du Nebbiolo.

Votre Langhe est effectivement excellent. D’où provient-il, et comment pourriez-vous nous le décrire ?

C’est un 100 % Nebbiolo issu du vignoble Basarin à Neive, à la frontière avec Treiso. On pourrait dire que c’est un Barbaresco « déclassé » issu de jeunes vignes d’environ 25 ans. La fermentation et la macération s’effectuent sur les peaux pendant environ 25 jours avec des levures indigènes, puis l’élevage se fait 6 à 8 mois en fûts de chêne où s’achève la fermentation malolactique. Aucune filtration ni de collage.

Nous considérons notre Langhe Nebbiolo comme une introduction fondamentale au vin de Barbaresco et à tous ses crus. Il révèle les nuances du terroir sans pour autant présenter la complexité et la structure d’un cru. Il en résulte un vin plus facile à boire.

Le terroir et l’altitude élevée des vignobles confèrent au vin des notes épicées ainsi qu’une complexité et une structure exceptionnelles, typiques de la région de Basarin, située entre les communes de Neive et Treiso.

Notre Nebbiolo des Langhe est vif et éclatant. Des notes florales et de fruits rouges adoucies constituent le cœur de sa structure, accompagnées de touches de pétales de rose. En bouche, on retrouve des arômes de menthe et de réglisse, qui s’affirment encore davantage en finale.

On compare souvent les vins de Barbaresco et de Barolo. Ils sont issus du même cépage, et produits à quelques kilomètres de distance. Quelles différences faites-vous entre les deux ?

J’adore comparer la région de Langhe avec la Côte d’Or, car elles présentent d’énormes similitudes. Le Barolo et le Barbaresco, tout comme la Côte de Nuits et la Côte de Beaune, sont issus d’un seul cépage, le Nebbiolo. La seule différence réside dans le sol et la formation géologique.

Les vins de Barbaresco sont généralement récoltés 7 à 10 jours avant ceux de Barolo. Ils présentent un taux d’acidité légèrement plus élevé et sont généralement plus élégants, parfumés et expressifs dès les premiers mois suivant leur mise en vente, ce qui n’affecte en rien le potentiel de garde de ces vins.

Nous sommes de grands fans de votre cuvée Maté, élaborée à partir du cépage Brachetto, quel est l’histoire de cette cuvée ?

La cuvée « Maté » est issue d’une parcelle de 1,1 hectare plantée de vignes de cépage Brachetto qui sont âgées de plus de 40 ans. Elles poussent sur un sol sombre et sableux, dans la région de Neive. Seulement 400 caisses sont produites chaque année.

La production du Maté fait partie intégrante de la tradition de notre domaine et nous permet également de continuer à cultiver des cépages autochtones moins populaires. Il présente une robe rouge pâle et brillante, avec un bouquet typique de roses sauvages et de fraises des bois. En bouche, on retrouve des notes florales séduisantes associées à des sensations épicées et salées.