Lettre d'informations - Mars 2019

La photo du mois !

Vue sur le coteau des Claives à Fully. C'est ici que Marie-Thérèse Chappaz produit ses vins en biodynamie. Dans son numéro de Février 2019, la Revue du Vin de France a recueilli les propos de la plus emblématique des vigneronnes Suisse ! Interview à lire en cliquant ici !

Rencontre avec... Robert Gilvesy en Hongrie !

Robert Gilvesy a un parcours atypique. Après s'être fait un nom en tant qu'architecte, il a décidé d'abandonner son métier pour se concentrer uniquement à sa nouvelle passion. Installé dans la Badacsony, l'autre grande région viticole hongroise avec Tokaj, il possède 16 hectares. Robert s'épanouit à produire des vins issus de cépages autochtones, cultivés en bio sans aucun herbicide !

La viticulture dans la Badacsony date de l’époque romaine. Pouvez vous nous présenter cette région au terroir si particulier ?

Le domaine Gilvesy (« Gilvesy Pincészet ») est situé sur les flancs du Mont Saint-Georges (« Szent György-Hegy », 415 mètres d’altitude), l’une des très anciennes buttes volcaniques qui dominent la rive nord-ouest du Lac Balaton, en Hongrie. Szent György-Hegy fait partie de l’appellation Badacsony, une région connue pour ses vins dès la période romaine. Les vignes du pays devinrent si prolifiques qu’au 1er siècle après Jésus-Christ, l’empereur Domitien décida d’imposer un quota sur la production de raisin ! C’est dire combien les terres de la Hongrie, ou « Pannonie » pour les Romains, se prêtaient déjà à la viticulture.

Dans le nord du pays, où se situe notre domaine, les principaux lieux de production se trouvent sur d’anciennes zones volcaniques et érosives. Szent György-Hegy est particulièrement connu pour ses orgues basaltiques vieilles de plus de 4 millions d’années. Au sud de Szent György-Hegy s’étend le lac Balaton, le plus grand lac d’Europe. Du fait de sa faible profondeur et de la distance qui le sépare du domaine (6 kilomètres), son effet modérateur sur les températures est minime. De plus, l’altitude des vignes préserve celles-ci de l’humidité saisonnière que génère le lac. Contrairement au mont Badacsony, qui surplombe directement le Balaton, nous ne sommes pas exposés à la chaleur réfléchie par la surface du lac. En période de réchauffement climatique, nous y voyons un avantage certain !

"C’est dans la viticulture, et non plus dans la conception d’édifices que j’avais envie d’exprimer ma créativité".

Vous avez commencé une carrière d’architecte, puis vous vous êtes retrouvé à produire du vin. Que s’est-il passé ?

J’ai découvert la région, et l’effet hypnotique de ces paysages, en 1993. Après avoir pratiqué l’architecture à Paris, à Toronto et à Budapest, j’ai souhaité renouer avec mes racines « terriennes ». J’ai grandi sur une exploitation de tabac au Canada, et le travail de la terre m’est (re)venu de manière naturelle.

Ma famille (Canadienne d’origine hongroise) a toujours voué au vin une grande passion et la découverte de ce terroir exceptionnel m’a convaincu de changer de cap et de quitter la ville. J’ai d’abord pris part à la création d’une petite exploitation viticole dans un village voisin en 2008, puis, en 2012, après avoir rénové un ancien pressoir le domaine Gilvesy a vu le jour. Nous adhérons aux principes de la culture biologique et intervenons peu durant la vinification. Nos principaux cépages sont le furmint, l’olaszrizling, le riesling et le kékfrankos.

Vous travaillez en collaboration avec Marton Ruppert. Quel est son histoire, comment vous partagez vous le travail ?

En 2012, j’ai embauché Márton Ruppert qui venait de terminer ses études de vitiviniculture en Hongrie. Nous collaborons à toutes les étapes de la production, du raisin à la bouteille. Notre première tâche a consisté à replanter les parcelles Váradi et Mogyorós, et à y instaurer des pratiques de culture biologique. Nous attachons tous deux une grande importance à l’expression du terroir. L’un comme l’autre, nous avons également à cœur de renouer avec le passé viticole prestigieux de notre région.

C’est dans le processus de vinification que nos individualités s’affirment et se complètent, entre expérimentation et tradition. Je cherche en permanence à développer de nouvelles idées et à mettre à profit les enseignements tirés de notre expérience passée. Márton apporte son savoir technique, sa sensibilité locale et sa connaissance approfondie d’un autre terroir : au fil des années, il a fait l’acquisition de petites parcelles situées sur la colline de Tagyon, placée sous l’appellation Balatonfüred-Csopak, à 23 kilomètres de Szent György-Hegy.

Depuis 4 ans, ces vignes cultivées sur un sol calcaire dolomitique produisent de l’olaszrizling et, plus récemment, du kékfrankos. L’olaszrizling est mis en bouteille sous l’appellation Martinus, qui regroupe les vins du domaine Gilvesy issus de la colline de Tagyon. Le contraste entre les terroirs de Tagyon et de Szent György-Hegy permet une excellente mise en valeur des vins calcaires et basaltiques.

Nous proposons le Varadi Furmint et le Martinus Olaszrizling. Deux cépages différents, produits dans deux endroits différents. Quels sont leurs caractéristiques ?

Le Furmint Váradi est issu d’une parcelle unique. Le Furmint est sous doute le cépage autochtone le plus connu de Hongrie. La vendange est manuelle et le pressurage est effectué en grappes entières. La fermentation est spontanée et le vin est élevé en fûts de chêne de 500 litres et sur lies fines pendant 9 mois. C’est un vin vif et sec, qui possède des notes de fruits riches et rustiques. Comme la plupart des cépages nobles, il exprime également les qualités minérales du terroir et acquiert au fil du temps un final légèrement salé.

L’Olaszrizling Martinus provient de la colline calcaire de Tagyon. L’olaszrizling (riesling italico) est le cépage hongrois le plus répandu, notamment autour du lac Balaton. Ce « riesling » est dépourvu de lien génétique avec les rieslings allemands. Bien que son origine soit contestée, l’olaszrizling serait issu de la région de Champagne. L’Olaszrizling Martinus est fermenté en cuve inox à basse température contrôlée et élevé sur lies fines pendant 6 mois. Pour un vin jeune, il est riche en bouche et possède une acidité douce qui persiste tout au long du palais. Le nez est minéral, avec des notes d’agrumes ; les touches finales d’amande grillée sont caractéristiques des olaszrizling.

Une pays, un cépage, un vin :
'Las Brujas' Le Tannat de Gimenez Mendez en Uruguay !

Petit par sa taille, et coincé entre l'Argentine et le Brésil, l'Uruguay n'en est pas moins un grand producteur de vins. La viticulture fut implantée par les colons espagnols au XVIIe siècle.

C’est en 1870 qu’un basque du nom de Pascual Harriague introduit le Tannat. D'origine Béarnaise, il allait devenir le cépage emblématique de ce pays. Il est aujourd'hui plus cultivé en Uruguay qu'en France.

Alors qu'à Madiran il lui faut du temps pour qu'il soit apprécié
à sa juste valeur, il donne ici
dans sa jeunesse des vins
denses, fruités, aux tanins
puissants mais assouplis par
la douceur méditerranéenne
du climat de l’Uruguay.

En 1991, Luis Alberto Gimenez et sa femme Marta Mendez ont décidé de se lancer dans la production de vins à Canelones, la meilleure région productrice du pays. Les étés y sont secs avec des températures élevées pendant la journée et qui se rafraîchissent la nuit.

A 35 kilomètres, l'estuaire du
'Rio de la Plata', dont les rives furent le berceau du Tango au XIXème siècle, apporte des brises fraîches sur le vignoble.

Viña Las Brujas Tannat provient de vignes plantées en 1999. Le nez mêle des notes torréfiées, de chocolat et de cerises noires. La bouche est puissante, avec un joli volume et une finale d'épices douces. C'est un vin de repas, idéal sur des viandes grillées ou un tajine de poulet.
Bonne dégustation !

Nous proposons également
la cuvée Alta Reserva Malbec.

Pour en savoir plus sur les vins
de Gimenez Mendez, cliquez ici

Tous les mois, un coup de coeur de notre gamme !

The Sadie Family 'Mev Kirsten' 2017 par... Rémi Debet-Auréjac

En janvier dernier, j’ai eu la chance de rencontrer Eben Sadie en Afrique du Sud. Nous avons dégusté le millésime 2017 de la cuvée Mev Kirsten. Le vignoble où ce vin est produit se trouve au pied du mont Bothmaskop à Stellenbosh. Cette parcelle de 1 hectare, plantée entre 1905 et 1920, est considérée comme la plus vielle vigne de Chenin Blanc d’Afrique du Sud.

Eben Sadie, qui est probablement le plus grand vigneron Sud-Africain, est au chevet de ce bijou d’histoire et continue de la cultiver en biodynamie. Il m’a confié investir énormément pour lui donner un second souffle et continuer d’exploiter son merveilleux potentiel. Chaque année, elle lui offre 7 hectolitres de récolte.

"Le nez est impressionnant de fraîcheur autour d’arôme d’écorce de citron et de mandarine. Une pointe d’ananas et de cire d’abeille confirme une complexité hors norme.

En bouche, le volume est bluffant. L’équilibre me semble parfait entre le fruit, l’alcool, très bien maitrisé, et l’acidité rafraichissante. Nous restons sur des arômes d’agrumes, des nuances miellés et une minéralité apportée par le granit. La finale est longue, longue, longue…

QUEL GRAND VIN qui prouve encore une fois que l’Afrique du Sud est le plus européen des vignobles du nouveau monde".

.« Découvrir des vins d’ailleurs, ce n’est pas renier sa culture, c’est entretenir sa passion »

 
 

 

 

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